Le télétravail, une opportunité pour nos territoires ?

Le télétravail concerne près de 20 % de la population active française. Des enquêtes montrent que ce dernier concerne que 2 %, mais on oublie souvent le télétravail gris, clandestin ou informel. C’est-à-dire ceux effectués sans avenant au contrat de travail. Le travail à domicile, depuis sa formalisation en 2002 à l’échelle européenne puis en 2005 en droit français, est un nouveau mode d’organisation du travail auquel les entreprises doivent s’adapter.

Ce mode de travail est d’abord un choix qui implique une évolution du management, et de la formation des salariés. De manière générale, le travail à distance est effectué au maximum trois jours par semaine, et est souvent remis en cause par ses détracteurs, car il serait synonyme d’une moins bonne efficacité des salariés. Mais selon Xavier de Mazenod, Fondateur de ZeVillage et propulseur de transformation numérique, « le télétravail fonctionne à condition d’être bien organisé ».

Depuis les ordonnances Macron, qui ont levé les blocages, l’accélération du télétravail est en marche. Mais alors dans quelle mesure peut-il être une occasion favorable pour nos territoires ?

Faire émerger des dynamiques collectives

le télétravail peut être un mécanisme favorable au développement des territoires à partir du moment où toutes les parties sont symétriquement sensibilisées à ce nouveau mode de travail. Le salarié d’abord doit être au courant des droits et des devoirs du salarié dans ce cas précis. Les entreprises doivent aussi être conscientisées et rassurées par les avantages opérationnels du télétravail tels que la création de dialogue entre les équipes et le management, l’amélioration de la qualité de vie au travail et l’autonomisation des salariés.

Les territoires doivent également être sensibilisés et s’adapter en mettant en œuvre des conditions favorables au retour des employés avec des infrastructures adéquates (internet à haut débit, espace de coworking). Par exemple en Occitanie, l’association La Mêlée soutenue par la région anime et fédère les acteurs du numérique, pour servir d’appui à l’innovation et l’entrepreneuriat et aussi faire rayonner la région.

Chaque intervenant de la sphère économique doit à son échelle aligner les uns après les autres les éléments qui constituent le cadre de travail de demain afin de créer un écosystème favorable et attirer les talents en :

  • Touchant sa cible qui est déjà acquise, les télétravailleurs, les indépendants.
  • Encourageant le dynamisme de l’écosystème en attirant des personnes expérimentées aux réseaux d’influence intéressants

L’objectif final étant l’occupation pérenne des territoires. Mais ces évolutions doivent se faire tout en prenant en compte les dynamiques urbaines/rurales dans la construction de relations gagnant-gagnant entre les acteurs.

Photo_Plan de travail 1

Lutter contre la fracture numérique territoriale

Développer les territoires passe avant tout par la lutte contre la fracture numérique territoriale. En France, on observe que 541 communes ne sont couvertes par aucun opérateur téléphonique. La couverture du pays en internet mobile ne concerne que 58 % du territoire. C’est clairement un problème, pour la 5e économie mondiale. La marge de progression est considérable. Le numérique doit être une priorité pour favoriser le travail sur le territoire national.

Le numérique est une moyen opportun pour réduire l’éloignement de certains territoires. C’est aussi une un instrument qui permet de s’affranchir de la pression physique de la distance et du temps. Le développement d’outils de vidéosurveillances, de partage de données autorise aujourd’hui de se libérer des contraintes matérielles du travail au bureau. Il répond au désir d’écomobilité ou de démobilité. Même si la collaboration se fait nécessairement de manière physique, ces solutions permettent un arbitrage plus fin et d’éviter des déplacements inutiles.

Finalement, ce sont les dynamiques collectives qui sont au centre et le numérique est le moyen. C’est fini cette époque ou c’était au travailleur de s’adapter au territoire, mais c’est l’inverse et les communes doivent toujours faire plus pour attirer ces habitants qui fuient le rythme métro-boulot-dodo.

Mais alors, pourquoi ne pas encourager la population à faire de sa résidence secondaire un lieu de travail ?

 

crédits photos : La Mutinerie Village, Tour de France du coworking